SPECIAL AMERIQUE LATINE

SOMMAIRE N° 48 / Novembre - Décembre 2007

  • SANTIAGO-DU-CHILI
    • 4ème Conférence sud-américaine de la Rose4
  • ROSA MOSQUETA
    • Une spécialité chilienne6
  • ROSA GALLICA
    • Nouveaux correspondants en Amérique latine29
  • O GENTIL ROSA
    • De Chaalis à Tivoli, du cardinal d’Este à la Rose30
  • ROSES DE CHINE
    • Voyage au Yunnan, par V. Cayatte37
  • NOUVELLES DES CORRESPONDANTS DE ROSA GALLICA
    • Bermudes, Japon, Allemagne, Serbie, Etats-Unis, Pays-Bas41
  • ACTUALITE
    • Convention européenne de Luxembourg45
    • « Blanche Odin ou la Fée des roses » à Salies45
    • ‘Fantin-Latour’ à Lausanne46
    • Rugby et roses à Saint-Denis49
    • Rosa gentil50
    • Le design en roses54
  • BIBLIOGRAPHIE
    • La Rosaleda de Madrid55
    • Roses at Villa d’Este57
    • Rozenteelt in Nederland59
    • Atlas de la flore remarquable du Val de Loire61

 


NOUVELLES DES CORRESPONDANTS DE ROSA GALLICA

Bermudes

On sait à quel point les amateurs de roses des Bermudes sont passionnés et actifs. Aussi sommes-nous particulièrement heureux d’annoncer que désormais Rosa Gallica a un correspondant dans cette célèbre possession anglaise des Caraïbes. En effet,  Marijike Peterich a accepté de nous représenter aux Bermudes.

Marijike Peterich est Hollandaise, installée aux Bermudes depuis 1982. Membre de la Bermuda Rose Society, elle en a été présidente de 1994 à 1996. C’est pendant son mandat que la société a décidé de réaliser son livre Old Garden Roses in Bermuda, bien connu des amateurs de roses de Chine. Depuis 2003, elle est vice-présidente de la Fédération mondiale des sociétés de roses pour l’Amérique du Nord. Sur un tout autre plan, ajoutons que Marijike  Peterich accompagnait la petite troupe des membres de Rosa Gallica qui a acccompagné Piet Bakker au Yunnan au printemps dernier. Nous sommes particulièrement flattés qu’elle représente Rosa Gallica aux Bermudes.

Son adresse mél : peterich@northrock.bm. On peut communiquer avec Marijike Peterich en français, néerlandais ou anglais.

Japon

Rosa Gallica a déjà un sympathique correspondant au Japon, en la personne de Yoshihiro Akai . Désormais, notre association y est représentée par un second correspondant, non moins sympathique, en l’occurrence Yuki Mikanagi.

Yuki Mikanagi est responsable de l’herbier du Musée et Institut d’Histoire naturelle de Chiba, au Japon. Elle est spécialiste des roses sauvages, notamment celles d’Extrême-Orient. Elle a d’ailleurs présenté à la Conférence de Chaalis une communication très remarquée sur les couleurs des roses, considérées du point de vue de la chimie. Nous sommes heureux de l’accueillir parmi les correspondants de notre association à l’étranger.

Son adresse mél (professionnelle) : mikanagi@chiba.muse.02.jp. Peut communiquer en anglais et en japonais.

Allemagne

Nos correspondants en Allemagne, Christine Meile et Udo Karl, font en Allemagne un travail merveilleux pour Rosa Gallica, auquel nous tenons à rendre hommage. Ils ont en effet très fortement contribué à la traduction allemande de la Nouvelle Encyclopédie des roses anciennes qui va être publiée au début de 2008 : c’était un travail monumental car il fallait non seulement superviser la traduction, mais aussi adapter le livre au public allemand. Encore une fois, merci. Par ailleurs, ils viennent de nous adresser une notice sur le célèbre rosier de Hildesheim : nous la publierons dans le prochain bulletin. Nous savons que nous leur devons beaucoup.

Serbie

Notre correspondant en Serbie, Radoslav Petrovic, se donne beaucoup de mal pour promouvoir la culture des roses dans son pays, notamment les roses anciennes. Il vient de nous adresser son nouveau catalogue : il est superbe (et présente près de 40 galliques !).Nous l’en remercions bien vivement.

Nous en profitons pour rappeler à tous les correspondants que nous sommes toujours intéressés par les catalogues de roses anciennes et modernes qui se publient à l’étranger. Notre centre de documentation en possède des centaines et en poursuit la collection.

Etats Unis

Daphne Filiberti, qui représente Rosa Gallica aux Etats-Unis, vient de publier un sympathique article sur Rosa Gallica dans le récent 2007Annual que vient de publier la Société américaine des roses.

Nous l’en remercions bien vivement et profitons de cette occasion pour dire combien le développement de notre bulletin en anglais lui est redevable. Un grand merci.

Pays-Bas

Tous nos remerciements aussi à Piet Bakker qui est notre correspondant aux Pays-Bas. On lui doit d’avoir piloté plusieurs adhérents de Rosa Gallica en Chine ce printemps (cf. ci-avant « Voyage au Yunnan »). Tous nos remerciements également pour nous tenir au courant des parutions en langue néerlandaise (cf. ci-après, en Bibliographie, Rozenteelt in Nederland).

ACTUALITE

Convention européenne à Luxembourg

Du 7 au 10 juin dernier, juste avant la Conférence sur les roses anciennes de Chaalis, s’est tenue à Luxembourg la Convention régionale européenne de la Fédération mondiale des sociétés de roses, organisée par Claude Vion, correspondant de  Rosa Gallica dans le Grand Duché, et son épouse Annette Block. Pendant près d’une semaine, elle a réuni plus d’une quarantaine de participants. Conférences, visites de jardins, tables rondes, baptême d’une rose ‘Grande-Duchesse Maria Teresa’, évocation des grands rosiéristes luxembourgeois d’autrefois (Soupert et Notting, Gemen, Ketten) et autres festivités ont ponctué cette réunion fort réussie.

Félicitations à Claude Vion et à son épouse Annette Block pour ce beau travail ; et félicitations spéciales à cette dernière qui, depuis le 1er août, est devenue la nouvelle présidente des « Amis de la rose – Luxembourg », succédant ainsi à la baronne A. de Schorlemer.

« Blanche Odin ou la Fée des roses » à Salies.

Lors d’une vente aux enchères, à Cannes, en août dernier, les deux enchères les plus élevées pour des peintures ont été remportées par deux aquarelles représentant des roses, dont les prix atteignaient respectivement 11.000 et 9.000 euros.

L’auteur en était Blanche Odin (1865-1957), née à Troyes, qui alla à Paris suivre les cours de Madeleine Lemaire, un peintre de fleurs que le Tout-Paris de la IIIe République surnommait « L’Impératrice des roses ». Puis elle ouvrit elle-même un atelier rue du Vieux-Colombier et en 1934 s’installa à Bagnères-de-Bigorre. Elle fit don de 48 de ses aquarelles au musée de Salies (Pyrénées atlantiques). Celui-ci exposait jusqu’au 31 octobre dernier une belle rétrospective de ce peintre, sous le titre « Blanche Odin ou la Fée des roses », surnom que lui avait donné l’écrivain Paul Cardeilhac.

‘Fantin-Latour’ à Lausanne : une rose d’actualité

‘Fantin-Latour’ est une superbe centfeuilles rose, l’une des plus parfumées. On ne sait rien de ses origines, ni date, ni obtenteur. C’est Graham Thomas, le rosiériste anglais bien connu, qui l’avait retrouvée et l’avait dédiée au peintre Henri Fantin-Latour (1836-1904).

Nous avions rapidement évoqué la figure de Fantin-Latour dans la Nouvelle Encyclopédie des roses anciennes :

« Son père, Théodore Fantin-Latour (1805-1875) était déjà peintre, principalement de sujets religieux et de portraits. Le fils, Henri, suivit l’exemple du père, mais fut aussi l’élève de Courbet. Contrairement à ce qu’on pense trop souvent, il peignit maints portraits, natures mortes, scènes intimes, sans parler de ses représentations de songes, de paysages enchantés, etc. Mais il est vrai qu’il peignit également quantité de bouquets de fleurs, notamment de roses, et qu’il est particulièrement connu pour ce genre. C’était sa femme, Victoria Dubourg, qui, dans son jardin de Buré (Orne) les cultivait : celles qui étaient à la mode, ‘Gloire de Dijon’, ‘Maréchal Niel’, et tant d’autres. Le matin, Fantin-Latour allait les cueillir, puis les disposait dans un vase et les peignait ainsi, en bouquet, durant la journée. Dans les années 1860-1890, il peignit des dizaines et des dizaines de bouquets de roses, non qu’il aimât beaucoup ce genre, très répétitif, mais ces compositions se vendaient si bien ! Notamment en Angleterre, où son ami (et agent), Edwin Edwards, les écoulait avec une étonnante facilité. Aussi n’est-il pas étonnant que ce soit un Anglais, le grand rosiériste Graham Stuart Thomas, qui ait songé à lui donner un tel nom ».

Si ce dernier choisit de nommer cette rose ancienne d’origine inconnue ‘Fantin-Latour’, c’est bien évidemment parce qu’elle lui rappelait les nombreuses roses que peignit l’artiste tout au long de sa vie. On pourrait effectivement en aligner toute une série et chez les amateurs de roses, Fantin-Latour est en quelque sorte devenu le « peintre des roses ».

Or cette image est sérieusement réductrice de l’œuvre de Fantin-Latour. Si nous avons intitulé ce court article « Une rose d’actualité », c’est précisément parce qu’une fort belle exposition vient de rappeler que Fantin-Latour fut bien autre chose qu’un peintre de roses, ou même de fleurs, voire de natures mortes.

Tous les grands musées du monde possèdent des Fantin-Latour, du Musée d’Orsay parisien à la National Gallery de Washington, du musée d’Art moderne de Bruxelles au Kunsthalle de Hambourg. Or la Fondation de l’Hermitage, à Lausanne, vient d’en réunir plusieurs en une remarquable exposition intitulée « Fantin-Latour, de la réalité au rêve ». C’était la première exposition de cet artiste depuis la rétrospective du Grand Palais en 1982.

Des fleurs, certes, il y en avait quelques unes, mais bien peu, car Fantin-Latour, c’est avant tout autre chose, au risque de heurter les rosomanes. C’est d’abord un portraitiste, portraits individuels ou collectifs : celui qui réunit Verlaine, Rimbaud, Mallarmé et d’autres, sur « Un coin de table » (1872, musée d’Orsay), est célèbre. En tant que portraitiste ou peintre de natures mortes et de fleurs, Fantin-Latour est clairement un réaliste. Mais passionné de musique, sa peinture dans le même temps, s’évade vers le symbolisme : la « Scène première du Rheingold » (1888), tableau venu de Hambourg, en est une magnifique illustration.

Bref, Fantin-Latour est un peintre hors-normes, inclassable et de ce fait fort séduisant.

Une exposition qui méritait bien quelques commentaires lorsqu’on cultive ‘Fantin-Latour’ au fond de son jardin. Rien ne serait plus triste que des noms de roses qui n’évoqueraient rien et auxquels on pourrait substituer de simples numéros ! (F. J.).

Note. Exposition terminée depuis le 28 octobre. Catalogue à la Fondation de l’Ermitage, 2 route du Signal, 1000 Lausanne 8, Suisse (00.41.21.350.50.01). On en trouvera un excellent compte-rendu par Emmanuelle Amiot-Saulnier, « Fantin-Latour, un réaliste épris d’idéalisme », L’Objet d’art, sept. 2007, p. 54-64.

Rugby et roses à Saint-Denis

Bien que rosomane, peut-être êtes-vous aussi amateur de rugby … au moins à la télévision, et peut-être avez-vous regardé le match France-Irlande de Coupe du monde, le vendredi 21 septembre, qui s’est déroulé au Stade de France, à Saint-Denis. Si tel est le cas, vous avez donc eu (ou du moins, vous auriez dû avoir) une pensée émue pour Descemet, notre premier grand obtenteur français de roses, entre 1804 et 1814.

En effet, Descemet s’était réfugié à Saint-Denis au moment de la Révolution. Le Carmel de la ville ayant été évacué et confisqué, puis vendu comme « bien national », il avait commencé à cultiver des roses dans le jardin de cet ex-couvent qu’il avait loué. Puis ses affaires prospérant, il avait acquis d’autres terrains pour étendre ses pépinières, dont celui sur lequel a été construit le Stade de France.

D’ailleurs, avant que cette construction ne commence, des fouilles archéologiques préliminaires avaient été entreprises. Le brave archéologue qui les avait menées avait conclu dans une étude fort sérieuse que ce terrain avait été utilisé comme pépinière, ce qui était bien vu. Malheureusement, ledit archéologue ignorait l’existence d’un catalogue Descemet … ce qui aurait sérieusement simplifié sa recherche !

Désormais, lorsque vous regarderez les Bleus, les Verts, les Blacks ou l’équipe à la Rose piétiner le terrain du Stade de France à la poursuite d’un ballon ovale (ou rond), ayez aussi une pensée émue pour les Roses, la ‘Belle pourpre violette’, la ‘Belle Galathée’, la ‘Carmin brillant’ et autres obtentions de Descemet, sans oublier ‘Le Grand Sultan’ et l’ ‘Impératrice Joséphine’ !

Rosa gèntil

Rosa gèntil... tu sola sei splendor al secolo nostro... un beau poème de Mathieu-Marie Boïardo (1434-1494). C’était un homme du Sud, lié à la famille d’Este, gouverneur de Reggio, sa région natale. Un de ces esprits cultivés de la Renaissance italienne. Son poème le plus connu, Roland amoureux (Orlando innamorato), fut traduit en français par Jacques Vincent et publié à Lyon en 1544, alors même que le cardinal d’Este était abbé de Chaalis et qu’il y faisait construire par Serlio le mur de son « Petit jardin », aujourd’hui devenue roseraie à l’abbaye royale de Chaalis.

C’est sous l’invocation de cette Rosa gèntil que s’est tenue à la Villa d’Este (Tivoli, près de Rome), le 28 septembre dernier, la Conférence sur les roses anciennes que nous annoncions dans le précédent bulletin. Organisée par la Surintendance pour les Biens architecturaux et le Paysage du Lazio et le groupe RosEVENTS, et placée sous le patronage de plusieurs institutions et associations, dont Rosa Gallica, cette journée de conférences s’était donnée comme thème de réflexion « La rose et les jardins historiques ». La Villa d’Este était parfaitement bien choisie pour accueillir une telle Journée puisque dans ses merveilleux jardins, les roses occupent désormais une place très importante (Voir le compte-rendu bibliographique du livre  Roses at Villa d’Este).

Le programme de cette Journée était le suivant :

La Villa d’Este et les roses », par Isabella Pasquini Barisi (Italie) (Voir par ailleurs à la rubrique « Bibliographie »)

La Renaissance au XVIIIe siècle », par Giorgio Gallettti (Italie)

« Considérations et expériences sur les rosiers arbustifs et grimpants dans les jardins historiques d’Allemagne », Bernd Weigel (Allemagne)

La plupart de ces conférences ont été d’un grand intérêt, notamment celles d’Isabella Pasquini Barisi, qui dirige la Villa d’Este depuis 1995, et de Giorgio Galletti, ancien surintendant des parcs et jardins de Florence, professeur aux universités de Florence et Tuscia.

Ajoutons à cela un cadre idéal – les appartements anciens de la Villa --, un accueil chaleureux de la part des organisateurs, en particulier Isabella Pasquini Barisi, Franca Gambini et Michela Mollia, tout cela a concouru à faire de ces conférences une excellente Journée. De plus, nous avons eu le plaisir d’y retrouver nombre des adhérents italiens de Rosa Gallica, ce qui est toujours sympathique.

Design anglais

XIXe siècle

Le design en roses

Depuis le 26 septembre 2007 et jusqu’au 7 janvier prochain, le design est à l’honneur au Grand Palais, à Paris. L’exposition se nomme « Design contre design. Deux siècles de création ». Il y en a pour tous les goûts (notamment les amateurs de mauvais goût, mais c’est là une opinion strictement personnelle !).

Pourquoi mentionner cette exposition dans notre bulletin ? Tout simplement parce que parmi les meubles présentés, et parmi les plus extravagants, s’en trouve un qui nous concerne tout particulièrement. Il s’agit d’un « fauteuil Rose », non pas la couleur, mais bien la rose elle-même, ou plus exactement deux roses. C’est en effet un fauteuil dont le dossier et l’assiette  sont constitués de deux roses en velours rouge, les pieds et les accoudoirs étant, quant à eux, constitués par les rameaux et les feuilles du rosier. Le tout est anglais et date du milieu du XIXe siècle. Malheureusement, le constructeur (comment l’appeler ? Ebéniste, rosiériste ?) n’est pas connu. N’est pas connue non plus, la variété qui a servi à cette création originale. La rose ressemble un peu à ‘Tuscany Superb’, mais, heureusement, sine spine ! A voir.

BIBLIOGRAPHIE

La Rosaleda de Madrid

La roseraie de Madrid, où se déroule un excellent  concours annuel de roses nouvelles, a fêté en 2006 son cinquantième anniversaire. Belle occasion pour dresser un bilan : c’est qu’a parfaitement réussi l’auteur de ce livre, Ricardo Casla de Diego, qui avait toutes raisons de bien connaître le sujet puisqu’il a été durant 39 ans au service technique de la ville de Madrid et plus spécialement de cette roseraie ces dernières années.

L’ouvrage comporte trois parties. Tout d’abord, un historique détaillé de l’histoire de la roseraie, des premiers projets à nos jours. La deuxième partie est une description des différentes parties de cette roseraie : lieu, tracé, fontaines, plates-bandes, etc. La troisième partie, enfin, est consacrée au Concours, âgé lui aussi de 50 ans.

Le livre est abondamment et bien illustré, notamment la deuxième partie, ce qui fort bienvenue, car c’est là un bel exemple de roseraie moderne. On y trouvera bien évidemment les résultats de tous les concours depuis 1956. De plus, l’ouvrage est accompagné d’un petit fascicule autonome qui dresse l’inventaire des 1100 ou 1200 variétés, anciennes et surtout modernes, qui composent cette collection. Ce dernier point est important car la bibliographie sur les obtentions espagnoles n’est pas très abondante : elle se réduit pratiquement au Primer catalogo de variedades de roses espanolas publié en 1999 par l’ Asociacion espanola de la rosa.

CASLA DE DIEGO (Ricardo), La Rosaleda de Madrid, 1956-2006, Barcelone et Madrid, Lunwerg Editores, 2006, 161 p. (ISBN 84-9785-274-5)

Roses at Villa d’Este

Ce livre sur les roses de la Villa d’Este a été publié en mai dernier : il a ainsi servi de merveilleuse introduction à la Journée qui a été consacrée à « La rose et les jardins historiques », à cette même Villa d’Este, en septembre dernier (voir le compte-rendu ci-avant). Il est dû à Isabella Barisi, directrice de la Villa, et Michela Molia, qui s’y occupe de la collection de roses. Bel ouvrage, parfaitement illustré, qui fait honneur à ses auteurs, à la rose et à la Villa.

En fait, les premiers chapitres, rédigés par Isabella Barisi, traitent de façon détaillée et intéressante des roses qui étaient cultivées du XVIe au XVIIIe siècles, mais sur un plan général. Car, en effet, rien n’indique qu’à cette époque, il y avait des roses dans les jardins de la Villa. En revanche, comme on peut encore le constater en visitant celle-ci, les roses étaient très présentes dans la décoration intérieure, et c’est là le thème essentiel de ces premiers chapitres. Les roses ne firent leur apparition dans les jardins de la Villa qu’au début du XXe siècle, lors des premières grandes campagnes de restauration, à partir de 1922. Mais en fait, c’est depuis qu’ Isabella Barisi a pris la direction de la Villa, donc depuis 1995, qu’une véritable collection de roses, surtout anciennes, a été constituée.

Aujourd’hui, cette collection comprend environ 350 espèces et variétés réparties dans l’ensemble des jardins. Le livre rend parfaitement compte de cette collection, de sa composition et de sa localisation. D’ailleurs, un parcours de la rose a été organisé au long des différentes allées ou autour des diverses fontaines ; chaque variété y est numérotée et précisément nommée. C’est dire que la rose est devenue, à côté de la Villa elle-même et de ses exceptionnels jardins, un élément nouveau de la décoration florale et un point d’intérêt supplémentaire pour ce site remarquable. L’objet de ce beau livre est bien évidemment de le mettre en lumière et c’est parfaitement réussi (F.J.).

BARISI (Isabella), MOLLIA (Michela), Roses at Villa d’Este, Rome, De Luca, 2007, 166 p., ill. (texte anglais) (ISBN 978-88-8016-793-8)

Rozenteelt in Nederland

Piet Bakker, qui est le correspondant de Rosa Gallica aux Pays-Bas, nous adresse un livre tout récent, intitulé Rozenteelt in Nederland, écrit par Gerrit Kleis. Ne connaissant pas la langue néerlandaise, nous sommes évidemment dans l’incapacité d’en donner un compte-rendu. Mais à la simple lecture du sommaire et de quelques annexes compréhensibles par tout un chacun, on comprend immédiatement qu’il s’agit d’un ouvrage important.

Il s’agit d’une histoire de la rose aux Pays-Bas, des origines jusqu’à 1900. Il serait intéressant, en particulier, de savoir ce qu’écrit l’auteur à propos de l’origine des centfeuilles, réputées être nées aux Pays-Bas, mais dont l’origine est toujours entourée d’un grand mystère. Nous allons voir s’il ne serait pas possible d’en traduire quelques passages en français et de les publier dans Rosa Gallica.

L’ouvrage se termine sur des listes de roses proposées par les pépiniéristes hollandais depuis le XVIIe siècle, et surtout à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècles. A ce propos, lorsque nous travaillions sur les roses de l’impératrice Joséphine, nous avions longtemps cherché des catalogues de Van Eeden de Harlem, qui était un des fournisseurs hollandais de Malmaison. L’auteur du livre a, lui aussi, cherché ces catalogues, tant aux Pays-Bas qu’à l’étranger, sans rien trouver, ce qui signifie qu’il n’en a probablement jamais existé ou qu’ils sont définitivement perdus.

En revanche, pour les amateurs d’histoire, on trouve aux annexes quelques éléments biographiques intéressants concernant Van Eeden. On sait qu’il a existé à Malmaison un ‘Rosier de Van Eeden’, introduit en 1810 et depuis longtemps éteint-->-->. Redouté l’avait représenté. Or Gerrit Kleis s’est intéressé à la biographie de Van Eeden et donne quelques détails à son sujet. Il faut d’ailleurs souligner que les Van Eeden étaient très nombreux à Harlem et beaucoup étaient dans la culture des fleurs, la spécialité de la ville. Le « nôtre », Arie Cornelis van Eeden, naquit en 1766 à Harlem, fils de Cornelis van Eeden (1736-1797) et de Maria van der Waerden (1745-1793). Lui-même épousa Brigitta Alida Mooy en 1802. C’est donc à lui qu’on devait ce ‘Rosier de Van Eeden’ que posséda l’impératrice. Son épouse mourut probablement assez jeune, car en 1829, il vivait avec une certaine Maria Jacoba Affourtit, âgée de 26 ans. On ignore la date de son décès, qui est postérieure à 1832.

On trouve aussi, à la fin de l’ouvrage, des listes de variétés extraites de catalogues néerlandais de 1608, 1717, 1780, 1790, 17931800, 1807, 1814, 1824 et 1830 qui ne sont pas sans intérêt pour les recherches concernant les variétés très anciennes.

Merci à Piet Bakker de nous avoir procuré cet ouvrage.

KLEIS (Gerrit), Rozenteelt in Nederland, HDG, MS’t Goy-Houten, 2007, 231 p. (ISBN : 978 90 6194 449 2)

Atlas de la flore remarquable du Val de Loire

Il s’agit là d’un ouvrage qui ne porte que très incidemment sur les roses, mais qui est (malheureusement) plein d’enseignements pour les amateurs de roses, notamment de roses sauvages.

Le titre complet est Atlas de la flore remarquable du Val de Loire entre le bec d’Allier et le bec de Vienne, c’est-à-dire une région assez restreinte, il est vrai. Il n’en demeure pas moins que dans cette région, ne subsistent en tout et pour tout que trois espèces de roses sauvages. Il s’agit de Rosa agresti Savi qui n’a été trouvée que dans trois communes, de Rosa micrantha Borrer ex-Sm, un peu plus répandue, sur une dizaine de communes, et de Rosa rubiginosa L., plus fréquente. C’est peu. Au XIXe siècle, par exemple, la plupart des flores indiquaient la vallée de la Loire comme une des régions privilégiées de Rosa gallica L. Apparemment, il n’en reste plus aucun site. C’est dire à quel point, les roses sauvages sont en danger en France (et pas seulement en France).

BOUDIN (L.), CORDIER (J.), MORET (J.), Atlas de la flore remarquable du Val de Loire entre le bec d’Allier et le bec de Vienne, Conservatoire national botanique du Bassin parisien, M. N. H. N., Paris, 2007.

 



Publications de ROSA GALLICA

Bulletins

  • Anciens bulletins
    • Chaque numéro (français) 4 €
    • N° 1 à 50 (français)120 €
    • Chaque numéro (anglais) 5 €
    • N° 1 à 4 (anglais)15 €
  • Numéros spéciaux
    • Roses antérieures à 1900 : Où les trouver ?épuisé
    • Les roses aujourd’hui et demain. Colloque du Conseil scientifique de la SNHFépuisé
    • Typage moléculaire et histoire du groupe horticole des Roses de Provins4 €
    • La Rose, une fleur, un symbole Catalogue de l’exposition d’Orléans5 €
    • Au temps de Redouté : Roses de peintres, roses de jardins (Conférence de Luxembourg. Textes français et anglais)3 €
    • XIème Conférence internationale sur les roses anciennes Abbaye royale de Chaalis, juin 2007(Textes en anglais seulement)7 €
    • Rose de Montezuma et Rose de Castille : Deux roses européennes d’Amérique latine (Conférence de Santiago-du-Chili Textes français et espagnol)3 €

 

Cahiers de Rosa Gallica

  • Roses lyonnaises d’autrefois25 €

 

Livres

  • La Rose de France. Rosa Gallica et sa descendance (Paris, Imprimerie nationale, 1998, 300p.) 35 €
  • La Rose, une passion française. Histoire de la rose en France, 1778-1914 (Bruxelles, Complexe, 2001, 250 p.)34 €
  • Deux siècles de roses. Les créations Guillot (Paris, Flammarion, 2003, 160 p.)45 €
  • Descemet, premier rosiériste français (Paris, Connaissance et Mémoires, 2005, 124 p.)29 €
  • Les roses de l’impératrice. La rosomanie au temps de Joséphine (Bruxelles, Complexe, 2005, 190 p.)25 €
  • Nouvelle Encyclopédie des roses anciennes (Paris, Ulmer, 2005, 336 p.)55 €
  • Roses et rosiéristes de l’Orléanais (Editions Hesse, 2006, 176 p.)36 €

 

Prix port compris, France ou étranger
Commande à Rosa Gallica, 53470 Commer (France)