NOUVELLES
DES CORRESPONDANTS
DE ROSA
GALLICA
Bermudes
On sait à quel point les
amateurs de roses des Bermudes sont passionnés
et actifs. Aussi sommes-nous particulièrement heureux
d’annoncer que désormais
Rosa Gallica a un correspondant dans cette
célèbre possession anglaise des
Caraïbes. En effet, Marijike Peterich a
accepté de nous représenter aux
Bermudes.
Marijike Peterich est Hollandaise,
installée aux
Bermudes depuis 1982. Membre de
Son adresse
mél : peterich@northrock.bm
. On peut communiquer avec Marijike Peterich en français,
néerlandais ou
anglais.
Japon
Rosa Gallica a
déjà un sympathique correspondant au Japon, en la
personne
de Yoshihiro Akai . Désormais, notre association y
est représentée par un
second correspondant, non moins sympathique, en l’occurrence
Yuki Mikanagi.
Yuki
Mikanagi est responsable de l’herbier du Musée et
Institut d’Histoire naturelle
de Chiba, au Japon. Elle est spécialiste des roses sauvages,
notamment celles
d’Extrême-Orient. Elle a d’ailleurs
présenté à
Peut
communiquer en anglais et en japonais.
Serbie
Notre correspondant en Serbie,
Radoslav Petrovic, se donne beaucoup de mal pour promouvoir la culture
des
roses dans son pays, notamment les roses anciennes. Il vient de nous
adresser
son nouveau catalogue : il est superbe (et présente
près de 40
galliques !).Nous l’en remercions bien vivement.
Nous en profitons pour rappeler à
tous les correspondants que nous sommes toujours
intéressés par les catalogues
de roses anciennes et modernes qui se publient à
l’étranger. Notre centre de
documentation en possède des centaines et en poursuit la
collection.
Etats-Unis
Daphne Filiberti, qui
représente Rosa Gallica aux
Etats-Unis, vient de publier un sympathique article sur Rosa Gallica
dans le
récent 2007Annual
que vient de
publier
Nous l’en remercions bien
vivement et profitons de
cette occasion pour dire combien le développement de notre
bulletin en anglais
lui est redevable. Un grand merci.
Pays-Bas
Tous nos remerciements aussi
à Piet Bakker qui est
notre correspondant aux Pays-Bas. On lui doit d’avoir
piloté plusieurs
adhérents de Rosa Gallica en Chine ce printemps (cf.
ci-avant « Voyage au
Yunnan »). Tous nos remerciements
également pour nous tenir au courant des
parutions en langue néerlandaise (cf. ci-après,
en Bibliographie, Rozenteelt in Nederland).
ACTUALITE
Convention européenne
à
Luxembourg
Du 7 au 10 juin dernier, juste
avant
Félicitations
à Claude Vion et à son épouse Annette
Block pour ce beau travail ; et félicitations
spéciales à cette dernière
qui, depuis le 1er août, est devenue
la nouvelle présidente des
« Amis de la rose –
Luxembourg », succédant ainsi
à la baronne A. de
Schorlemer.
« Blanche
Odin ou
Lors d’une vente aux enchères, à
Cannes, en août dernier, les deux enchères les
plus élevées pour des peintures ont
été remportées par deux aquarelles
représentant des roses, dont les prix atteignaient
respectivement 11.000 et
9.000 euros.
L’auteur en était Blanche Odin (1865-1957),
née à Troyes, qui alla à Paris
suivre les cours de Madeleine Lemaire, un peintre de fleurs que le
Tout-Paris
de
‘Fantin-Latour’
à
Lausanne :
une rose
d’actualité
‘Fantin-Latour’ est une superbe centfeuilles rose,
l’une des plus parfumées. On
ne sait rien de ses origines, ni date, ni obtenteur. C’est
Graham Thomas, le
rosiériste anglais bien connu, qui l’avait
retrouvée et l’avait dédiée
au
peintre Henri Fantin-Latour (1836-1904).
Nous avions rapidement évoqué la figure de
Fantin-Latour dans la Nouvelle Encyclopédie des roses anciennes :
« Son père, Théodore
Fantin-Latour (1805-1875) était déjà
peintre,
principalement de sujets religieux et de portraits. Le fils, Henri,
suivit
l’exemple du père, mais fut aussi
l’élève de Courbet. Contrairement
à ce qu’on
pense trop souvent, il peignit maints portraits, natures mortes,
scènes
intimes, sans parler de ses représentations de songes, de
paysages enchantés,
etc. Mais il est vrai qu’il peignit également
quantité de bouquets de fleurs,
notamment de roses, et qu’il est particulièrement
connu pour ce genre. C’était
sa femme, Victoria Dubourg, qui, dans son jardin de Buré
(Orne) les
cultivait : celles qui étaient à la
mode, ‘Gloire de Dijon’,
‘Maréchal
Niel’, et tant d’autres. Le matin, Fantin-Latour
allait les cueillir, puis les
disposait dans un vase et les peignait ainsi, en bouquet, durant la
journée.
Dans les années 1860-1890, il peignit des dizaines et des
dizaines de bouquets
de roses, non qu’il aimât beaucoup ce genre,
très répétitif, mais ces
compositions se vendaient si bien ! Notamment en Angleterre,
où son ami
(et agent), Edwin Edwards, les écoulait avec une
étonnante facilité. Aussi
n’est-il pas étonnant que ce soit un Anglais, le
grand rosiériste Graham Stuart
Thomas, qui ait songé à lui donner un tel
nom ».
Si ce dernier choisit de nommer
cette rose ancienne
d’origine inconnue ‘Fantin-Latour’,
c’est bien évidemment parce qu’elle lui
rappelait les nombreuses roses que peignit l’artiste tout au
long de sa vie. On
pourrait effectivement en aligner toute une série et chez
les amateurs de
roses, Fantin-Latour est en quelque sorte devenu le
« peintre des
roses ».
Or cette image est
sérieusement réductrice de
l’œuvre de Fantin-Latour. Si nous avons
intitulé ce court article « Une
rose d’actualité »,
c’est précisément parce
qu’une fort belle exposition
vient de rappeler que Fantin-Latour fut bien autre chose
qu’un peintre de
roses, ou même de fleurs, voire de natures mortes.
Tous les grands musées
du monde possèdent des
Fantin-Latour, du Musée d’Orsay parisien
à
Des fleurs, certes, il y en avait
quelques unes,
mais bien peu, car Fantin-Latour, c’est avant tout autre
chose, au risque de
heurter les rosomanes. C’est d’abord un
portraitiste, portraits individuels ou collectifs :
celui qui réunit Verlaine, Rimbaud, Mallarmé et
d’autres, sur « Un coin de
table » (1872, musée d’Orsay),
est célèbre. En tant que portraitiste ou
peintre de natures mortes et de fleurs, Fantin-Latour est clairement un
réaliste.
Mais passionné de musique, sa peinture dans le
même temps, s’évade vers le
symbolisme : la « Scène
première du Rheingold » (1888), tableau
venu de Hambourg, en est une magnifique illustration.
Bref, Fantin-Latour est
un peintre hors-normes,
inclassable et de ce fait fort séduisant.
Une exposition qui
méritait bien quelques
commentaires lorsqu’on cultive
‘Fantin-Latour’ au fond de son jardin. Rien ne
serait plus triste que des noms de roses qui
n’évoqueraient rien et auxquels on
pourrait substituer de simples numéros ! (F. J.).
Note. Exposition terminée depuis le 28
octobre. Catalogue à
Rugby et roses à
Saint-Denis
Bien que rosomane,
peut-être êtes-vous aussi amateur de rugby
… au moins
à la télévision, et
peut-être avez-vous regardé le match
France-Irlande de
Coupe du monde, le vendredi 21 septembre, qui s’est
déroulé au Stade de France,
à Saint-Denis. Si tel est le cas, vous avez donc eu (ou du
moins, vous auriez
dû avoir) une pensée émue pour
Descemet, notre premier grand obtenteur français
de roses, entre 1804 et 1814.
En effet, Descemet
s’était réfugié à
Saint-Denis au
moment de
D’ailleurs, avant que
cette construction ne
commence, des fouilles archéologiques
préliminaires avaient été entreprises.
Le
brave archéologue qui les avait menées avait
conclu dans une étude fort
sérieuse que ce terrain avait
été utilisé comme
pépinière, ce qui était bien vu.
Malheureusement, ledit archéologue ignorait
l’existence d’un catalogue Descemet … ce
qui aurait sérieusement simplifié sa
recherche !
Désormais, lorsque vous
regarderez les Bleus, les
Verts, les Blacks ou l’équipe à
Rosa gèntil
Rosa gèntil …
tu sola sei splendor al secolo nostro
…
un
beau poème de Mathieu-Marie Boïardo (1434-1494).
C’était un homme du Sud, lié
à
la famille d’Este, gouverneur de Reggio, sa région
natale. Un de ces esprits
cultivés de
C’est sous
l’invocation de cette Rosa
gèntil que s’est tenue à
et
associations, dont Rosa Gallica, cette journée de
conférences s’était donnée
comme thème de réflexion « La
rose et les jardins historiques ».
Le
programme de cette Journée était le
suivant :
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« Considérations
et expériences sur les rosiers arbustifs et grimpants dans
les jardins
historiques d’Allemagne », Bernd Weigel
(Allemagne)
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La plupart de ces
conférences ont été d’un
grand intérêt, notamment
celles d’Isabella Pasquini Barisi, qui dirige
Ajoutons à cela un cadre
idéal – les appartements anciens de
Design anglais
XIXe
siècle
Le design
en roses
Depuis le 26 septembre 2007 et
jusqu’au 7 janvier prochain, le design
est à l’honneur au Grand
Palais, à Paris. L’exposition se nomme
« Design contre design. Deux siècles
de création ». Il y en a pour tous les
goûts (notamment les amateurs de
mauvais goût, mais c’est là une opinion
strictement personnelle !).
Pourquoi mentionner cette
exposition dans notre bulletin ? Tout
simplement parce que parmi les meubles présentés,
et parmi les plus
extravagants, s’en trouve un qui nous concerne tout
particulièrement. Il s’agit
d’un « fauteuil Rose »,
non pas la couleur, mais bien la rose
elle-même, ou plus exactement deux roses. C’est en
effet un fauteuil dont le
dossier et l’assiette sont constitués de
deux roses en velours rouge, les
pieds et les accoudoirs étant, quant à eux,
constitués par les rameaux et les
feuilles du rosier. Le tout est anglais et date du milieu du XIXe
siècle.
Malheureusement, le constructeur (comment
l’appeler ? Ebéniste,
rosiériste ?) n’est pas connu.
N’est pas connue non plus, la variété
qui a
servi à cette création originale. La rose
ressemble un peu à ‘Tuscany Superb’,
mais, heureusement, sine spine !
A voir.
BIBLIOGRAPHIE
La roseraie de Madrid,
où se déroule un excellent concours
annuel
de roses nouvelles, a fêté en 2006 son
cinquantième anniversaire. Belle
occasion pour dresser un bilan : c’est
qu’a parfaitement réussi l’auteur
de ce livre, Ricardo Casla de Diego, qui avait toutes raisons de bien
connaître
le sujet puisqu’il a été durant 39 ans
au service technique de la ville de
Madrid et plus spécialement de cette roseraie ces
dernières années.
L’ouvrage comporte trois
parties. Tout d’abord, un historique
détaillé de l’histoire de la roseraie,
des
premiers projets à nos jours. La deuxième partie
est une description des
différentes parties de cette roseraie : lieu,
tracé, fontaines,
plates-bandes, etc. La troisième partie, enfin, est
consacrée au Concours, âgé
lui aussi de 50 ans.
Le livre est abondamment et
bien illustré, notamment la deuxième partie, ce
qui fort bienvenue, car c’est
là un bel exemple de roseraie moderne. On y trouvera bien
évidemment les
résultats de tous les concours depuis 1956. De plus,
l’ouvrage est accompagné
d’un petit fascicule autonome qui dresse
l’inventaire des 1100 ou 1200
variétés, anciennes et surtout modernes, qui
composent cette collection. Ce
dernier point est important car la bibliographie sur les obtentions
espagnoles
n’est pas très abondante : elle se
réduit pratiquement au Primer
catalogo de variedades de roses
espanolas publié en 1999 par l’ Asociacion
espanola de la rosa.
CASLA DE DIEGO (Ricardo),
Roses at Villa d’Este
Ce livre sur les roses de
En fait, les premiers
chapitres, rédigés par Isabella Barisi, traitent
de façon détaillée et
intéressante des roses qui étaient
cultivées du XVIe au XVIIIe siècles, mais
sur un plan général. Car, en effet, rien
n’indique qu’à cette époque,
il y
avait des roses dans les jardins de
Aujourd’hui, cette
collection comprend environ 350 espèces et
variétés réparties dans
l’ensemble
des jardins. Le livre rend parfaitement compte de cette collection, de
sa
composition et de sa localisation. D’ailleurs, un parcours de
la rose a été
organisé au long des différentes
allées ou autour des diverses fontaines ;
chaque variété y est
numérotée et précisément
nommée. C’est dire que la rose
est devenue, à côté de
BARISI (Isabella), MOLLIA
(Michela), Roses at Villa d’Este,
Rome, De Luca,
2007, 166 p., ill. (texte anglais) (ISBN 978-88-8016-793-8)
Rozenteelt in
Nederland
Piet
Bakker, qui est le correspondant
de Rosa Gallica aux Pays-Bas, nous adresse un livre tout
récent, intitulé Rozenteelt
in Nederland, écrit par
Gerrit Kleis. Ne connaissant pas la langue néerlandaise,
nous sommes évidemment
dans l’incapacité d’en donner un
compte-rendu. Mais à la simple lecture du
sommaire et de quelques annexes compréhensibles par tout un
chacun, on comprend
immédiatement qu’il s’agit
d’un ouvrage important.
Il s’agit d’une
histoire de
la rose aux Pays-Bas, des origines jusqu’à 1900.
Il serait intéressant, en
particulier, de savoir ce qu’écrit
l’auteur à propos de l’origine des
centfeuilles, réputées être
nées aux Pays-Bas, mais dont l’origine est
toujours
entourée d’un grand mystère. Nous
allons voir s’il ne serait pas possible d’en
traduire quelques passages en français et de les publier
dans Rosa Gallica.
L’ouvrage se termine sur
des
listes de roses proposées par les
pépiniéristes hollandais depuis le XVIIe
siècle, et surtout à la fin du XVIIIe et au
début du XIXe siècles. A ce propos,
lorsque nous travaillions sur les roses de
l’impératrice Joséphine, nous avions
longtemps cherché des catalogues de Van Eeden de Harlem, qui
était un des
fournisseurs hollandais de Malmaison. L’auteur du livre a,
lui aussi, cherché
ces catalogues, tant aux Pays-Bas qu’à
l’étranger, sans rien trouver, ce qui
signifie qu’il n’en a probablement jamais
existé ou qu’ils sont définitivement
perdus.
En revanche, pour les
amateurs d’histoire, on trouve aux annexes quelques
éléments biographiques
intéressants concernant Van Eeden. On sait qu’il a
existé à Malmaison un
‘Rosier de Van Eeden’, introduit en 1810 et depuis
longtemps éteint-->-->.
Redouté l’avait
représenté. Or Gerrit
Kleis s’est intéressé à la
biographie de Van Eeden et donne quelques détails
à
son sujet. Il faut d’ailleurs souligner que les Van Eeden
étaient très nombreux
à Harlem et beaucoup étaient dans la culture des
fleurs, la spécialité de la
ville. Le « nôtre »,
Arie Cornelis van Eeden, naquit en 1766 à
Harlem, fils de Cornelis van Eeden (1736-1797) et de Maria van der
Waerden
(1745-1793). Lui-même épousa Brigitta Alida Mooy
en 1802. C’est donc à lui
qu’on devait ce ‘Rosier de Van Eeden’ que
posséda l’impératrice. Son
épouse mourut
probablement assez jeune, car en 1829, il vivait avec une certaine
Maria Jacoba
Affourtit, âgée de 26 ans. On ignore la date de
son décès, qui est postérieure
à 1832.
On trouve aussi, à la
fin de l’ouvrage, des listes de
variétés extraites
de catalogues néerlandais de 1608, 1717, 1780, 1790,
17931800, 1807, 1814, 1824
et 1830 qui ne sont pas sans intérêt pour les
recherches concernant les
variétés très anciennes.
Merci à Piet Bakker de
nous
avoir procuré cet ouvrage.
KLEIS (Gerrit), Rozenteelt in Nederland, HDG,
MS’t
Goy-Houten, 2007, 231 p. (ISBN : 978 90 6194 449 2)
Atlas
de la flore remarquable
Il s’agit là
d’un ouvrage
qui ne porte que très incidemment sur les roses, mais qui
est (malheureusement)
plein d’enseignements pour les amateurs de roses, notamment
de roses sauvages.
Le titre complet est Atlas de la flore remarquable du Val de
Loire entre le bec d’Allier et le bec de Vienne,
c’est-à-dire une région
assez restreinte, il est vrai. Il n’en demeure pas moins que
dans cette région,
ne subsistent en tout et pour tout que trois espèces de
roses sauvages. Il
s’agit de Rosa agresti
Savi qui
n’a été trouvée que dans
trois communes, de Rosa micrantha
Borrer ex-Sm, un peu plus répandue, sur une
dizaine de communes, et de Rosa
rubiginosa L., plus fréquente. C’est
peu. Au XIXe siècle, par exemple,
la plupart des flores indiquaient la vallée de
BOUDIN (L.), CORDIER (J.), MORET
(J.), Atlas de la flore remarquable du Val
de
Loire entre le bec d’Allier et le bec de Vienne,
Conservatoire national
botanique du Bassin parisien, M. N. H. N., Paris, 2007.
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[1] DUFOUR (Jean-Yves), « Essai d’archéologie horticole en banlieue parisienne, Saint-Denis et Rueil-Malmaison (XIV-XIXe siècles) », Histoire et Sociétés rurales, n° 7, 1er semestre 1997, p. 11-40.
[2] Cf. notre Roses de l’Impératrice, « Le rosier de Van Eeden », p. 95-97.